La Baja California

“Un lieu d’une grande beauté à la fois magique et irréel” - John Steinbeck

http://whc.unesco.org/fr/list/1182 

Lorsqu’un matin de l’an 1536, des hommes, envoyés en expédition par le célèbre conquistador Hernán Cortés, débarquent pour la première fois sur les côtes de “Baja” (Basse Californie), ils sont loin d’imaginer qu’ils viennent de découvrir l’un des véritables joyaux que compte le Mexique.

Un spectacle étonnant s’offre alors à leurs yeux : déserts immaculés, cactus géants, sierras majestueuses et nombre de sanctuaires marins abritant cétacés et dauphins… tel un eldorado caressé par les rayons d’un soleil imperturbable.

Ce paradis de la nature a su préserver jalousement toutes les composantes de ce rêve. Un rêve que Jean-Christophe Arbonne, auteur de ce site nous invite à parcourir. Du nord au sud, la péninsule de Basse Californie déroule avec générosité ses nombreux trésors ; montagnes, volcans, déserts, lagunes et plages vierges semblent ne jamais épuiser la soif du visiteur avide de découvertes. Une curiosité sans cesse en éveil, y compris devant la richesse exceptionnelle de la flore et de la faune, dont certaines des espèces n’existent nulle part ailleurs dans le monde.

L'écrivain américain John Steinbeck décrit, dans son ouvrage “La Perle”, toute l'atmosphère et la magie du Golfe de Californie et de la ville de la Paz au temps où les pêcheurs faisaient fortune dans la pêche et le commerce des huîtres perlières. Il présente l'endroit comme un lieu d'une grande beauté à la fois magique et irréel.

Aujourd’hui encore, la plus grande partie de “Baja” (Baja California) reste une toile vierge pour les voyageurs en quête d’espaces indomptés. Elle est sans doute un des rares lieux de la planète encore privilégié et ainsi propice à l’écotourisme.

Entre mer et océan, un long doigt de déserts qui s’accroche à l’Amérique du Nord

La Basse Californie, ou “Baja California”, est une péninsule longue de 1300 kilomètres (1) située le long de la côte nord-ouest du Mexique. Accrochée à l’Amérique du nord, elle est bordée à l’ouest par l’océan Pacifique et à l’est par la mer de Cortés, également connue sous le nom de “Golfe de Californie”. Sa silhouette effilée s’étire depuis la frontière avec la Californie sud-américaine jusqu’à Cabo San Lucas à l’extrême sud, après avoir franchi le tropique du Cancer.

Avec une superficie de 143 000 km2, elle ne dépasse guère 230 kilomètres dans sa largeur et n’atteint même que 45 kilomètres de large en son point le plus étroit. Cette péninsule compte plus de 3000 kilomètres de côtes entourées par près de 50 îles, la plupart situées dans le Golfe de Californie.

Une configuration géologique unique

L’aspect actuel de la péninsule est dû à la combinaison de deux phénomènes géologiques que sont la tectonique des plaques et l’activité volcanique. La plaque Pacifique à laquelle sont rattachées la Californie sud-américaine et la Basse Californie s’éloigne peu à peu de la plaque Amérique sur laquelle repose le reste de l’Amérique du nord.

Sur le long terme, l’effet de cette tectonique a progressivement détaché la Basse Californie du continent et formé la plupart des chaînes de montagnes de la péninsule. La tristement célèbre faille de San Andréas, qui marque la limite entre les deux plaques tectoniques, s’étend de la ville de San Francisco (USA) jusqu’aux profondeurs de la mer de Cortés.

L’activité volcanique a également laissé des traces indélébiles sur la topographie de “Baja” (Baja California) que l’on retrouve par exemple près de San Quintin ou de San Ignacio.

Une chaîne de sierras entre mer et désert du nord au sud

Une succession quasi ininterrompue de montagnes forme l’épine dorsale de la péninsule. Alors que vers l’ouest, ces montagnes descendent en pente douce jusqu’au Pacifique, elles sont extrêmement abruptes côté est et plongent littéralement vers le désert.

Parmi les différentes chaînes de montagnes, les plus importantes sont la Sierra de Juarez, au nord, abritant le Parc National Constitución de 1857, variant à des altitudes comprises entre 1000 et 1800 mètres et la Sierra San Pedro Mártir qui culmine à 3095 mètres au Picacho del Diablo, point le plus élevé de la Basse Californie. Plus au sud, on trouve la Sierra de la Giganta qui s’étend de Loreto jusqu’au nord de La Paz et enfin la Sierra de la Laguna dans la région sud, qui atteint 2100 mètres d’altitude.

 

Une terre baignée de soleil

La Basse Californie fait partie du désert de Sonora qui recouvre à la fois le sud-ouest des Etats-Unis et le nord-ouest du Mexique. La majeure partie de la péninsule jouit d’un climat sec, ensoleillé et chaud toute l’année, cependant, on compte une variété surprenante de microclimats due à l’altitude et à l’exposition. En règle générale, il fait plus chaud dans le sud et l’est de la péninsule et le climat est plus frais et plus humide au nord et en bordure du Pacifique.

La partie nord-ouest, qui s’étend de Tijuana à El Rosario, possède un climat de type méditerranéen similaire à celui de la Californie nord-américaine du sud et bénéficie de la brise du Pacifique qui joue le rôle de climatiseur naturel en apportant fraîcheur et humidité. En revanche, le nord-est et la plaine de Mexicali subissent les assauts d’un climat désertique à forte amplitude thermique. Les températures peuvent frôler les 50°C en été et passer sous la barre des 0°C en hiver.

Plus au sud, dans le désert central, le climat reste très sec la majeure partie de l’année. La Basse Californie du nord reçoit l’essentiel de ses précipitations durant la période de décembre à mars.
La partie sud de la péninsule subit l’influence tropicale en provenance de l’Equateur ce qui explique le fait qu’elle est parfois touchée par les cyclones en août et en septembre, période la plus humide de l’année.
En altitude, le climat change et se rafraîchit ; certains massifs montagneux du centre se couvrent même de neige pendant la période hivernale.
Cette cordillère qui sépare l’est et l’ouest agit comme une barrière contre les nuages, c’est pourquoi les bords de la mer de Cortés sont plus arides que la côte Pacifique.

Un écosystème rare et varié

Son isolement géographique par rapport au continent et la variété des microclimats ont doté la péninsule d’une faune et d’une flore d’une incroyable diversité, adaptées aux températures extrêmes et à de faibles précipitations.

Une flore exubérante

Les cactées et autres plantes grasses ont colonisé plus des trois quarts du territoire, allant même parfois jusqu’à constituer de véritables barrières naturelles. On rencontre essentiellement des cactus, des agaves, des yuccas et quelques buissons et petits arbres comme le « palo verde » ou la « manzanita.»
Sur la centaine d’espèces de cactus présents en Basse Californie, 80 sont endémiques c'est-à-dire qu’ils ne poussent nulle part ailleurs sur la planète.

Le « cardon », plus grand cactus du monde que l’on confond souvent avec le saguaro d’Arizona et de Sonora, peut atteindre plus de 20 mètres et peser plusieurs tonnes. On compte également d’autres plantes ou arbres endémiques comme le palmier bleu ou le « cirio », qui poussent près de Cataviña dans le désert central ainsi que l’étonnant « torote » ou arbre éléphant, sorte de « baobab miniature ».

Là où l’eau est présente, la végétation devient luxuriante avec palmiers, papyrus, manguiers, papayers et autres arbres tropicaux.

Lorsque l’altitude augmente, les cactus cèdent la place à des arbres plus gros tels que des chênes et plusieurs espèces de conifères comme le pin Douglas ou le pin Jeffrey.

De nombreux kilomètres de côte sont bordés d’une mangrove dense abritant une faune très variée.

Une faune abondante

A première vue, “Baja” semble dénuée de toute vie animale étant donné la rudesse de son climat, pourtant, de nombreuses espèces ont su s’adapter et se contenter de peu pour subsister.

La péninsule compte tout d’abord de nombreuses espèces de reptiles tels que serpents, lézards ou tortues. Le serpent le plus connu et aussi le plus dangereux est certainement le crotale que l’on trouve dans de nombreuses zones désertiques et montagneuses et qui sort le plus souvent la nuit. Les lièvres et coyotes peuplent aussi une grande partie de “Baja” et sont très faciles à observer, contrairement aux pumas et aux lynx plus réservés. Les parcs nationaux du nord abritent des cerfs et des bouquetins ainsi que de nombreux lapins, écureuils et quelques ratons laveurs. Les oiseaux sont présents partout sur “Baja”. Les plus répandus sont le goéland et le pélican près des côtes, ainsi que des grues, des hérons et des cormorans près des zones de mangrove. Dans les régions désertiques, on trouve de nombreux vautours, faucons et autres rapaces et bien sûr le fameux « correcamino » (l’oiseau qui fait “bip bip” et se fait sans cesse poursuivre par un coyote !)

L’océan Pacifique et la mer de Cortés

Les eaux froides et agitées du Pacifique contrastent fortement avec celles du Golfe de Californie, plus chaudes et souvent calmes. Cette différence se remarque également sous l’eau avec deux écosystèmes totalement différents.

Le Pacifique abrite une faune de mollusques, crustacés (crabe, langouste) ainsi qu’une grande variété de poissons, et aussi quelques colonies d’otaries et d’éléphants de mer. Enfin on peut observer de nombreux dauphins comme le dauphin « nez de bouteille » ou le dauphin de « Risso ». Mais le résident le plus inattendu est bien sûr la baleine grise qui descend chaque année d’Alaska pour se reproduire, de décembre à mars, dans les eaux plus chaudes et plus tranquilles des différentes baies situées côté Pacifique (Laguna Ojo de Liebre ou Bahía Magdalena).

Le Golfe de Californie est, quant à lui, protégé des courants froids et de la houle. On y trouve un nombre impressionnant d’espèces de poissons tropicaux et subtropicaux très colorés comme le poisson « ange de Cortés », le poisson « arc-en-ciel », le poisson scorpion, la murène ou la raie tachetée. Les marlins et les barracudas sont aussi très communs ainsi que les raies mantas et les calamars géants. On peut aussi croiser les requins baleines qui s’approchent des côtes pendant leur période de reproduction. Quelques mammifères marins tels que des otaries et des phoques peuplent les îles de la mer de Cortés. http://whc.unesco.org/fr/list/1182 

Enfin, plus rare, la baleine bleue, plus gros mammifère marin de la planète avec une longueur moyenne de 33 mètres, reste souvent en profondeur et ne remonte que pour reprendre sa respiration. On trouve quelques récifs de coraux près de La Paz et à l’est de la partie méridionale de “Baja”. Ils sont un refuge et une garantie de trouver de la nourriture pour de nombreuses espèces.

Cette diversité et cette richesse ont valu à la mer de Cortés les surnoms d’ « aquarium du monde » (Jacques-Yves Cousteau) ou bien de « Galápagos de l’hémisphère nord. »

Un peu d’histoire

Selon les historiens spécialisés dans la région, les premiers habitants de la péninsule arrivent à partir de 10 000 ans avant JC. Les vestiges les plus anciens sont découverts près de San Ignacio et de Bahía de Los Angeles. Ces peuples préhistoriques venus du nord de l’Asie traversent le détroit de Beiring à pied alors que ce dernier est recouvert par la banquise. Ils descendent ensuite depuis l’Alaska pour peupler peu à peu tout le continent américain. Ces peuples, aujourd’hui quasiment disparus, ont laissé un patrimoine culturel préhistorique constitué de peintures rupestres, de pétroglyphes et d’outils en tous genres découverts dans de nombreux sites de la péninsule.

Juste avant l’arrivée des européens au XVIème siècle, on dénombrait environ 50 000 habitants appartenant à 3 grandes tribus établies du nord au sud comme les Yumanos, les Cochimis et les Guaycuras, chaque tribu étant divisée en sous tribus telles que les Tipais, les Kumiais, les Paipais ou les Cucupahs, dans la partie nord, et les Huchitis et les Pericus dans le sud.

On ne compte aujourd’hui plus qu’un millier d’individus vivant dans l’extrême nord de la péninsule. Ils subsistent grâce à l’agriculture mais surtout à l’artisanat tel le tissage de paniers en feuilles de palmier ou la poterie.

Les premiers explorateurs espagnols

A l’aube du XVIème siècle, les caravelles espagnoles atteignent le Mexique, débute alors la « conquista » de ce nouvel eldorado… Une fois le continent apprivoisé, elles s’intéressent aux frontières de leur nouvel empire. Quand le navigateur Hernan Cortés débarque près de la baie de La Paz en 1536, il croit d’abord arriver sur une île du Pacifique décrite comme une île « d’or » au large du Mexique. Il y fait si chaud qu’on utilise les mots « Calida Fornax » (four brûlant) pour la décrire. Voici la première origine supposée du mot Californie…
L’autre provient d’un roman espagnol du début du XVIème siècle intitulé : « Las sergas de Esplandian » dans lequel cette fameuse « île d’or » était gouvernée par une reine : Barbara Calafia et sa bande de femmes guerrières. Calafia aurait ainsi donné son nom aux actuelles Californies. La Basse Californie demeurera représentée comme une île sur les cartes jusqu’au XVIIème siècle.

Commence ensuite une lutte sans merci du peuple indigène pour empêcher l’intrusion espagnole. Les maladies apportées par les européens ont raison d’une grande partie d’entre eux, mais la sècheresse et la chaleur finissent par renvoyer les européens chez eux. La péninsule demeure ainsi vierge de colonisateurs jusqu’en 1683, date à laquelle les premiers missionnaires débarquent, envoyés par le royaume espagnol.

La période des missions

Les premiers missionnaires Jésuites, encadrés par le père Eusebio Kino, ont commencé à s’installer sur les terres de Basse Californie, avec pour mission, l’évangélisation des peuples autochtones. Débarqués à La Paz, ils ne peuvent guère rester car ils ne sont pas les bienvenus parmi la population locale. Ils s’installent alors au nord de l’actuel Loreto mais la partie n’est pas gagnée d’avance : malgré leurs efforts pour inculquer la religion, il faut plus de quatorze ans pour réussir enfin à établir la première mission Nuestra Señora de Loreto.
Celle-ci est construite en 1697 et constitue le point de départ d’une longue évangélisation de la péninsule, marquée par la construction de vingt-trois missions sur une durée de soixante-dix ans. Durant cette période, les populations indigènes souffrent beaucoup des maladies apportées par les européens, contre lesquelles leurs défenses naturelles ne peuvent lutter. Ils sont d’ailleurs près de 40 000 à succomber.
Devant la multiplication des épidémies, les missions deviennent plus difficiles à gérer et c’est pourquoi les Jésuites sont rappelés en Espagne en 1767.

Afin d’assurer la perénité de toutes ces constructions religieuses et de continuer à inculquer la « parole de Dieu », on envoie alors l’ordre des Franciscains dirigé par le père Junipero Serra. Ces derniers ferment certaines missions, en restaurent d’autres et fondent une nouvelle mission, celle de San Fernando. Leurs efforts se portent ensuite sur la construction de vingt et une nouvelles missions dans ce qui constitue l’actuelle Californie nord-américaine.

En 1773, les prêtres Dominicains prennent le relais en Basse Californie et fondent neuf dernières missions dans le nord de la péninsule, toutes construites en adobe, sorte de torchis local. Plus fragiles de part cette technique de construction, il ne reste aujourd’hui de ces derniers édifices que des ruines.

La guerre Etats-Unis - Mexique

Après une indépendance acquise non sans mal en 1821, le Mexique doit ensuite lutter contre l’invasion des « nord-américains » en 1832 au Texas. Une guerre dans laquelle le Mexique se voit perdre une grande partie de son territoire, devant ainsi se séparer de la Californie, de l’Arizona, du Texas et de la Floride pour les revendre à son voisin nord-américain.

La fièvre de l’or et les mines

La Basse Californie est ensuite convoitée par les compagnies minières qui se succèdent, attirées par les réserves naturelles de la péninsule en métaux précieux tels que l’or, l’argent ou le cuivre. Parmi ces prétendants, la compagnie minière du Boleo, venue de France, s’installe à Santa Rosalía, amenant sur place de la main-d’oeuvre ainsi que du matériel minier. La compagnie fonctionne jusqu’au début des années 1950, puis regagne la France en abandonnant les lieux. Témoin de cet épisode historique, Santa Rosalía possède encore aujourd’hui une architecture unique qui contraste fortement avec toutes les villes que l’on peut trouver au Mexique.

Une identité culturelle

Hormis quelques descendants de tribus locales qui subsistent dans les montagnes de l’extrême nord (on estime leur nombre à 1500 individus) comme les Paipais, les Kumiais et les Cochimis, la population de “Baja” est issue de nombreux états mexicains, d’où une extrême diversité culturelle. On compte aujourd’hui près de 3,5 millions d’habitants dans l’Etat de Baja California (partie nord), la plupart regroupés dans les villes frontières du nord (Tijuana : 2 000 000 h, Mexicali : 950 000 h, Ensenada : 500 000 h) tandis que la population de Baja California Sur (partie sud) dépasse tout juste les 500 000 habitants, dont près de 280 000 à La Paz.

Beaucoup considèrent la péninsule comme une porte d’entrée vers les Etats-Unis. L’influence américaine y est par conséquent palpable sous certains aspects et plus évidente en certains lieux. Pour des raisons logistiques et de proximité, la majorité des importations de “Baja” proviennent non pas du Mexique mais de Californie. Ainsi, la Basse Californie affiche une propre identité forte. Isolée du reste du Mexique, elle apparaît comme une terre colorée d’un mélange hétéroclite, entre culture latine et anglo-saxonne.

Cet aspect est surtout visible dans les villes frontières du nord où les larges avenues rectilignes et le règne de la voiture font échos aux configurations et aux schémas des grandes métropoles américaines. C’est également au nord que l’économie est dopée par le système américain et où le niveau de vie est par conséquent plus élevé que dans le reste du Mexique.

En dehors de cet aspect extérieur, la péninsule reste fortement empreinte de ses racines mexicaines, ce qui confère au lieu une atmosphère chaleureuse et vivante. Plus on descend vers le sud, plus les stigmates de la culture américaine se font rares, laissant la nature et l’identité culturelle reprendre leurs droits. Les villes et villages sont alors imprégnés d’une culture mexicaine plus marquée, que l’on retrouve notamment lors des fêtes locales et nationales comme le carnaval de La Paz ou le jour des morts célébré dans tout le pays.

Comme leurs concitoyens du continent, les habitants sont très ouverts et accueillants, prônant l’hédonisme des bons vivants. Leurs activités sont essentiellement basées sur la pêche et le tourisme dans la partie sud et sur l’industrie maquiladora (délocalisation) et le commerce dans les villes frontières du nord.

Une cuisine du soleil authentique

La gastronomie de “Baja” possède les mêmes bases que celle du continent, mais s’enrichit aussi d’une grande ouverture vers la cuisine internationale. Avec la proximité de la mer, il est fréquent de trouver comme plats de base les poissons et les crustacés. La côte Pacifique est très riche en homards, langoustes et poissons tels que le thon, l’espadon ou le mérou, tandis que la mer de Cortés regorge de calamars de Humboldt et de crevettes, pour ne citer que les plus communs.

Ces produits de la mer fraîchement pêchés se déclinent dans les fameux tacos (galette de blé ou de maïs), burritos ou autres enchiladas locaux, et s’assaisonnent avec les autres ingrédients rois : la coriandre fraîche, le citron vert et le piment. (il existe des dizaines de variétés de piments au Mexique).

Les viandes (volaille, boeuf) et les poissons sont presque toujours servis avec du riz et des haricots et s’accompagnent de “chips” de maïs ou de tortillas (galettes) de blé faisant office de pain. D’autres plats typiquement mexicains contiennent des ingrédients plus inattendus comme le cacao qui sert de base pour préparer le “mole poblano” (poulet à la sauce au chocolat) ou certaines variétés de cactus comme le “nopal” (Opuntia) ou les fruits du cardon et du pytahaya.

Pour arroser ces festins, la bière reste la boisson la plus populaire même si depuis quelques années le vin commence à rencontrer de plus en plus d’adeptes. La vigne est principalement cultivée dans la vallée de Guadalupe, dans le nord de “Baja”, où est produit 70% du vignoble de tout le Mexique.

Le climat méditerranéen et les terres fertiles font de ce lieu un terrain propice pour ce type d’activité. Le vin local n’a d’ailleurs rien à envier aux vins européens. Les cépages français, espagnols et italiens que l’on utilise pour la production semblent convenir parfaitement à cette région du Mexique.

Un fort potentiel touristique et des activités multiples et variées

Après la seconde guerre mondiale, la péninsule commence peu à peu à recevoir quelques touristes américains fortunés, attirés principalement par les villes frontières. Ils peuvent s’y rendre en bateau ou en avion privé, étant donné l’absence de route à cette époque. Ce n’est qu’en 1973, lorsque la route transpéninsulaire est achevée, que la péninsule commence réellement à se développer, particulièrement à l’extrême nord avec les villes frontières (Tijuana, Mexicali) et à l’extrême sud (Los Cabos et La Paz).

Aujourd’hui encore, seules ces deux régions connaissent un développement réel, laissant le reste de la péninsule encore relativement vierge et sauvage…

Ainsi, de nombreux points de la péninsule constituent encore aujourd’hui un véritable petit paradis voué à l’écotourisme, ce qui ravira tous les amoureux de grands espaces et de nature, et aussi les amateurs de plages désertes baignées de soleil.